Se rendre au contenu

Barboton : un drôle de nom pour un plat de pommes de terre, Mot patois franco provencal

29 septembre 2026 par
Barboton : un drôle de nom pour un plat de pommes de terre, Mot patois franco provencal
Voyage dans le temps Familial

Le barboton de ma grand-mère : un petit goût d'enfance,

Un drôle de nom pour un plat tout simple…

Il y a des plats qui ne ressemblent à rien d'extraordinaire.

Quelques pommes de terre, des tomates, un peu de bouillon, quelques brins de serpolet…

Et pourtant, il suffit parfois d'une odeur qui s'échappe d'une casserole pour nous ramener des années en arrière.

Chez ma grand-mère, il y avait un plat que j'ai gardé dans un petit coin de ma mémoire : le barboton.

Un nom qui peut surprendre aujourd'hui.

Mais pour moi, le barboton, c'est avant tout un souvenir d'enfance, une cuisine simple et familiale, et le goût des repas préparés par ma grand-mère.


Un mot qui raconte notre région

C'est ce que j'aime dans ces anciens mots.

Ils peuvent sembler tout simples, parfois même un peu mystérieux aujourd'hui, mais ils racontent une partie de notre histoire.

« Barboton », c'est un mot que l'on aurait très bien pu entendre dans la cuisine d'une ferme, prononcé naturellement par une grand-mère qui n'aurait certainement jamais imaginé qu'un jour quelqu'un chercherait son origine sur Internet !

Et pourtant, c'est justement cela qui rend ces mots précieux.

Ils sont de petites traces de notre patrimoine.

Comme les recettes, les expressions, les noms de lieux ou les anciens métiers, ils font partie de cette mémoire locale qui se transmet de génération en génération.

Le barboton, un mot de chez nous

Barboton, ce n'est pas seulement le nom d'un plat.

C'est aussi un mot de notre langue régionale, le francoprovençal, cette langue autrefois parlée dans une grande partie de notre région et dont de nombreux mots ont continué à vivre dans le parler de nos villages.

Chez nous, ces mots faisaient partie du quotidien. On les entendait dans les conversations, dans les maisons, dans les fermes et autour de la table.

Et parfois, sans même y penser, on les employait tout naturellement.

Barboton est l'un de ces mots.

Il désigne un plat de pommes de terre mijotées, ragoût de pommes de terre, avec des variantes selon les régions et surtout selon les familles. Le terme est anciennement attesté dans le parler lyonnais : Nizier du Puitspelu mentionne dès 1894 les « truffes en barboton », c'est-à-dire des pommes de terre cuites à l'étuvée.

 📚 Mes sources

Pour retrouver les mots et expressions de notre parler local, je me suis appuyée sur Dictionnaire du français régional de Saint-Martin-en-Haut ainsi que sur A Cha Peu, de Françoise Salmon et Antoine Françon.

Ces ouvrages sont précieux pour faire vivre et transmettre les mots de notre région, parfois encore présents dans nos souvenirs et nos conversations familiales.


Le barboton de ma grand-mère

Chez ma grand-mère, le barboton était beaucoup plus simple.

Pas besoin d'une longue liste d'ingrédients.

Il fallait :

  • 🥔 des pommes de terre 
  • 🍅 des tomates
  • 🌿 du serpolet
  • 🍲 du bouillon de volaille

Et c'est tout.

Des ingrédients simples, que l'on pouvait avoir facilement sous la main.

Les pommes de terre étaient coupées en morceaux, les tomates ajoutées à la préparation, puis le tout mijotait doucement avec le bouillon et le serpolet.

Petit à petit, les pommes de terre devenaient fondantes et le bouillon prenait le goût des tomates et des herbes.

Une cuisine sans chichi, mais pleine de goût.

Le serpolet, cette petite herbe des souvenirs

Il y a aussi quelque chose que j'aime particulièrement dans cette recette : le serpolet.

Aujourd'hui, on pense facilement au thym lorsqu'on parle d'herbes aromatiques.

Mais le serpolet appartient lui aussi à la famille des thyms et pousse naturellement dans de nombreux milieux secs et ensoleillés.

Dans les anciennes cuisines rurales, les herbes disponibles localement avaient toute leur importance.

Elles permettaient de parfumer simplement les plats.

Et dans le barboton de ma grand-mère, c'était le serpolet qui apportait cette petite touche particulière.

Une odeur qui suffit parfois à faire remonter un souvenir.

Une cuisine simple, comme autrefois

Ce qui me plaît dans ce plat, c'est justement sa simplicité.

Aujourd'hui, nous avons accès à une quantité incroyable d'ingrédients et de recettes.

Autrefois, dans les campagnes, on cuisinait beaucoup plus souvent avec ce que l'on avait à disposition.

La pomme de terre avait évidemment une place importante dans l'alimentation populaire.

Elle pouvait être cuite, rissolée, en soupe, en gratin ou simplement mijotée.

Et avec quelques ingrédients supplémentaires, on pouvait obtenir un plat nourrissant pour toute la famille.

Pas besoin de produits compliqués pour faire un bon repas.

Une recette, mais surtout un souvenir de famille

Quand je repense au barboton, je ne pense pas uniquement à une casserole de pommes de terre.

Je pense à ma grand-mère.

C'est là que la cuisine rejoint la généalogie.

Parce que lorsque nous faisons notre arbre généalogique, nous recherchons des noms, des dates, des lieux, des actes d'état civil.

Mais derrière ces documents, il y avait des personnes.

Des personnes qui mangeaient, travaillaient, élevaient leurs enfants, recevaient leur famille et avaient leurs propres habitudes.

Elles avaient aussi leurs recettes.

Certaines ont été écrites dans un cahier.

D'autres ont été transmises oralement.

Et certaines ont simplement été préparées tellement de fois qu'on n'avait jamais pensé à noter les quantités.

« Tu mets un peu de ça… puis tu regardes… »

Et voilà comment une recette peut traverser les générations. 😊

Une recette différente dans chaque famille

C'est peut-être cela qui rend les recettes anciennes si intéressantes.

En cherchant le barboton, on découvre plusieurs versions.

Certaines recettes associent pommes de terre et viande d'agneau, d'autres utilisent des lardons, des oignons, des carottes ou différents aromates.

Et cela ne signifie pas forcément qu'une recette est plus « vraie » qu'une autre.

Une recette familiale raconte aussi un lieu, une époque et une famille.

Le barboton de ma grand-mère était celui que je connaissais.

Et c'est celui que j'ai envie de conserver ici.

Garder les recettes, c'est aussi garder nos ancêtres

Une recette peut sembler bien peu de chose comparée à un acte de naissance ou à un acte de mariage.

Et pourtant, elle peut nous apprendre énormément sur une famille.

Elle nous parle de ce que l'on mangeait.

De ce que l'on cultivait.

Des produits disponibles.

Des habitudes quotidiennes.

Des saisons.

Et parfois même des difficultés de certaines époques.

C'est pour cela que j'aime autant ces petits morceaux de mémoire.

La généalogie ne se résume pas à construire un arbre.

Elle consiste aussi à essayer de comprendre comment vivaient ceux qui nous ont précédés.

Une vieille recette retrouvée dans un cahier, une expression oubliée, le nom d'un métier, un objet conservé dans une maison…

Tous ces petits détails peuvent redonner de la vie à notre histoire familiale.

Et chez vous, quel était le plat de votre grand-mère ?

Peut-être que chez vous aussi, il existe un plat dont personne ne connaît vraiment la recette exacte.

Celui que votre grand-mère préparait « au feeling ».

Celui dont les quantités n'étaient jamais mesurées.

Celui dont l'odeur vous rappelle immédiatement votre enfance.

Une soupe, une potée, un gratin, une tarte, une confiture…

Ces recettes méritent d'être conservées.

Car un jour, quelqu'un cherchera peut-être à savoir comment cuisinait son arrière-grand-mère.

Et ce jour-là, une simple recette pourra devenir un véritable morceau d'histoire familiale.

Un mot de notre parler, une recette de ma grand-mère, quelques pommes de terre et du serpolet… Il n'en faut parfois pas beaucoup pour faire revivre tout un morceau de notre histoire.


Barboton : un drôle de nom pour un plat de pommes de terre, Mot patois franco provencal
Voyage dans le temps Familial 29 septembre 2026
Étiquettes